A perte de vue

 a perte de vue

A perte de vue

Auteur : Aurélie Dauvin

Editions J’ai Lu (2010)

Paru en 2008

Genre  : Témoignage

J’ai trouvé ce petit témoignage dans une boîte aux livres et depuis, il trainait dans ma PAL. Le bingo littéraire de l’été m’a forcé à le sortir pour valider la case « premier et seul livre écrit par l’auteur ». Et j’espère ne pas me tromper en la considérant comme tel. J’aime les témoignages car je suis très curieuse et de mon point de vue, cela aide à la compréhension des autres. Cependant, je suis très souvent déçue par l’écriture et sachez qu’ici, ce n’est pas du tout le cas.

 » Vous paraîtrai-je enfant si je clame cette inoubliable réplique du Petit Prince de Saint-Exupéry : On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ?  » Que diriez-vous d’évoluer dans un monde sans image, mais empli de bruits, d’échos, de présences que l’on croirait toucher ? Ce brouillard opaque, c’est celui dans lequel vit Aurélie Dauvin. Aujourd’hui, elle est professeur de français dans un lycée. Elle apprend à ses élèves à comprendre le monde par les mots et les sensations qu’ils véhiculent. Portée par son rêve d’enseigner, Aurélie s’est dès l’enfance dotée d’une immense volonté d’aller au-delà de ce que les autres appelaient son  » handicap  » Dans un style lumineux et sensible, elle nous raconte son parcours exceptionnel et les épreuves qu’elle a dû surmonter. Elle a croisé sur son chemin des bonheurs simples, des regards amusés ou hostiles, des trahisons difficiles et finalement l’amour. Avec des mots d’une justesse roborative, elle nous prend par la main et nous guide dans le monde méconnu de la cécité. Plus qu’un témoignage, le récit d’un beau combat, où chaque chapitre est une leçon de dépassement de soi.

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Cet enfant qui se drogue, c’est le mien

Cet enfant qui se droge

Cet enfant qui se drogue, c’est le mien

Auteur : Jacques Guillon

Editions Points

Paru en 1980

Genre  : Témoignage

 

Mon cher et tendre m’avait indiqué comme consigne du mois de lire un livre traitant de la drogue (oui vous remarquerez ce magnifique jeu de mot : Juin = joint… Aheum…). Je lis rarement des témoignages, j’ai plutôt tendance à m’en protéger car je suis facilement touchée et ébranlée par les récits tristes qui en découlent. Et bien pour ce livre, je n’ai pas eu cet effet, peut être car j’ai trouvé dans le fond une belle note d’espoir concernant les relations humaines. Je ne sais pas si c’est qui a été voulu par l’auteur, mais j’y ai trouvé un bel exemple de tolérance et d’approche de l’étranger.

Un ménage chrétien, quatre enfants : une vie heureuse et sans histoire. Soudain, Didier, quatorze ans et demi, épris d’absolu, refuse cette famille sage, cette société convenable : il se réfugie dans le H, tâte à l’éther, puis aux drogues dures, fugue, se clochardise, devient dealer, prend la « route « .
Son père, Jacques Guillon, refuse quant à lui d’incarner le « flic » mais ne veut pas démissionner. En fait, au cours de ces « six années d’enfer », il apprend à voir en son fils autre chose qu’un drogué, à oublier son devoir au profit de l’amour. Ce journal n’a rien d’un discours moralisateur. C’est la description d’une famille bouleversée dont les préjugés s’effritent sous les coups de butoir du drame; c’est le témoignage d’un père qui s’ouvre insensiblement au dialogue.

Les premières pages ont fait l’effet d’un grand coup de pied dans le fessier. Et moi quand on me met un coup de pied dans les fesses, je bondis, je hurle, j’accuse et je finis par me calmer en bougonnant. Et bien là c’était tout pareil… Du fait de l’âge de ce récit, on retrouve des comportements qu’on a déjà banni de nos habitudes actuelles… Mais quand en plus j’ai lu, quand il donne une fessée à son gosse (à quelques mots près) : « Il est connu que frapper un enfant est aussi bouleversant pour l’enfant que pour le parent. J’en ai été bouleversé ». Je me suis mise à vitupérer… Oui parce qu’on devrait le plaindre? Et son gosse alors? Je ne jette pas la pierre aux parents qui dépassent cette extrémité, mais montrer au moins un peu de remord cela aurait salvateur.

Enfin, bon, bref, même si la différence d’époque et de mentalité est difficile à dépasser, je ne me suis pas arrêtée à si peu et j’ai continué d’observer l’évolution entre le père et le fils. Relation compliquée, mêlée de haine et d’incompréhension qui est assez dure à lire. Mais dans ce récit, j’y ai vu aussi deux êtres qui ont essayé de faire un pas vers l’autre. Et ce lien, assez étrange qui se créée entre les deux personnages est empreint d’humanité et de tolérance. J’ai aimé voir le père faire montre de peu d’autorité, mais au contraire chercher à comprendre son fils. J’ai aimé voir le fils essayer d’expliquer à son père son mode de pensée, même si celle-ci est incompréhensible pour ceux qui n’ont pas partagé la vie des hippies et marginaux de cette époque.

Tout à la fin, il est retranscrit un dialogue entre le père et le fils. On comprend alors toute la difficulté de ces deux personnes à se comprendre. Le père cherchant à faire « entendre raison » à son fils, le fils, essayant de se faire comprendre (et c’est compliqué). Je pense que cette discussion à toute sa place dans ce livre. Dans cette histoire, pas de solution offerte aux parents qui ont des enfants sous dépendance de la drogue, mais indéniablement un radeau pour se raccrocher et savoir qu’ils ne sont pas seuls. Car le père exprime très bien la solitude dans laquelle il se retrouve face à ce problème.

En bref,

Une histoire qui a le mérite de proposer une vision moins violente et sans espoir que les spots de sensibilisation contre la drogue. Un espoir, une main tendue pour la compréhension entre deux mondes bien distincts est palpable à travers ce récit. Pour moi, qui n’ai pas de personnes dans mon entourage dépendante de la drogue, cela m’apporte peu de chose, mais indéniablement, ce livre peu apporter du réconfort. Reste que le style littéraire est… pas terrible, comme c’est souvent le cas avec les témoignages.

 

Ma note : 3/5

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